Pourquoi elle revient le lendemain
Une particule de plâtre poncé mesure quelques microns. À cette taille, elle ne tombe pas : elle flotte. Un grain de sable retombe en une seconde, une particule de plâtre met des heures.
Elle est aussi remise en suspension au moindre mouvement d'air — une porte qui s'ouvre, un radiateur qui démarre, quelqu'un qui traverse la pièce. C'est un cycle qui se répète pendant vingt-quatre à quarante-huit heures après la fin des travaux.
D'où la règle : deux passages, espacés d'au moins vingt-quatre heures. Le premier retire l'essentiel, le second récupère ce qui est retombé. Un seul passage donne un logement propre le soir même et poussiéreux le lendemain matin, et c'est le motif de déception numéro un sur ce type de prestation.
Si vous ne pouvez faire qu'un seul passage, faites-le le plus tard possible : deux jours après la fin des travaux plutôt que le jour même.
L'ordre des opérations
On commence par ce qui est en hauteur et on descend, comme toujours, mais avec deux étapes propres au chantier.
D'abord le retrait des protections et des adhésifs — bâches, films de fenêtre, ruban de masquage. Un adhésif laissé trop longtemps au soleil laisse une colle bien plus difficile à retirer : c'est la première chose à faire.
Ensuite l'aspiration, jamais le balayage. Balayer une poussière de plâtre revient à la remettre en l'air. Il faut un aspirateur à filtration fine, sinon on la rejette par la sortie d'air.
Puis le lavage des surfaces, du haut vers le bas, avec un rinçage fréquent — le plâtre en suspension dans l'eau de lavage laisse un voile blanc en séchant, et c'est ce qui donne cet aspect terne sur les carrelages après travaux.
Les sols en dernier, en reculant vers la sortie, et souvent deux fois : un premier lavage qui charge l'eau, un second qui rince réellement.
Les surfaces à ne pas gratter
Sur un chantier, on est tenté de gratter tout ce qui accroche. Certaines surfaces ne le supportent pas, et les dégâts sont définitifs.
Les vitrages traités, teintés ou filmés. La lame les raye. Nous ne l'utilisons que sur du verre nu, après vérification.
Les robinetteries et les inox brossés. Une éponge abrasive raye le chrome et casse le sens du brossage sur l'inox — la trace reste visible sous tous les éclairages.
Les parquets vitrifiés récents. Le vernis met plusieurs semaines à durcir complètement. Un lavage trop mouillé ou un produit trop alcalin le mate. Nous travaillons à l'humidité minimale sur un parquet neuf.
Les peintures fraîches. Une peinture a besoin de plusieurs semaines pour atteindre sa dureté finale. On dépoussière, on ne lessive pas.
Ce qui relève d'un autre métier
Le nettoyage de fin de chantier n'est pas un débarras. Nous évacuons les résidus fins liés au nettoyage ; les gravats, les chutes de matériaux et les encombrants relèvent d'une benne et d'une filière de traitement, avec ses propres obligations.
De même, une tache de peinture sur un carrelage poreux ou une coulure d'enduit dans un joint relèvent parfois de la reprise par l'artisan, pas du nettoyage. Nous vous le signalons plutôt que d'insister au risque d'abîmer le support.
Enfin, si votre logement a subi un dégât des eaux pendant les travaux, une odeur d'humidité peut persister après séchage. Un traitement par ozone la traite efficacement, à condition que la source ait été traitée d'abord — sinon elle reviendra.
