Pourquoi une cage d'escalier se salit autrement
Un escalier ne se salit pas comme un sol plat. La saleté s'y dépose en trois endroits distincts : sur le nez de marche, où passent les semelles, dans l'angle entre marche et contremarche, où elle s'accumule sans jamais être délogée, et sur les plinthes latérales, que le balai frôle sans les toucher.
C'est cet angle qui trahit un entretien bâclé. Une cage balayée rapidement paraît propre de face et montre un liseré gris dès qu'on regarde de biais.
S'ajoute un phénomène propre aux immeubles : la poussière retombe. Ce qu'on soulève au troisième étage se redépose au premier. D'où la règle du haut vers le bas, sans exception.
La méthode, étage par étage
On commence par le dernier étage et on descend. Dépoussiérage d'abord — rampe, main courante, plinthes, boîtiers électriques, luminaires — puis balayage humide des marches, angle compris, puis lavage.
Le choix du produit dépend du revêtement, et c'est là qu'on abîme le plus souvent. Le carrelage et la pierre reconstituée acceptent un détergent neutre. Le marbre et la pierre naturelle, très présents dans les immeubles haussmanniens, ne supportent aucun acide : un détartrant classique les mate définitivement. Le bois demande une humidité contrôlée, jamais d'eau.
Les paliers et le hall se traitent en dernier, en reculant vers la sortie. Les portes des logements se limitent au pourtour de la poignée : on ne nettoie pas la porte d'un copropriétaire au-delà de ce qui relève des parties communes.
Le rythme qui tient
Un rythme trop ambitieux ne tient jamais un an. Mieux vaut un engagement modeste et respecté qu'un contrat quotidien qui s'étiole.
Le schéma qui fonctionne dans la plupart des immeubles franciliens : un passage complet par semaine pour un petit immeuble, deux pour un immeuble de taille moyenne, plus un traitement approfondi trimestriel qui reprend ce que le passage courant ne fait pas — vitrages de la cage, luminaires, dessus des boîtes aux lettres, plinthes en profondeur.
Le décapage complet des sols, lui, se justifie une fois par an au plus, et seulement sur les revêtements qui le supportent.
Les contraintes propres aux immeubles occupés
On travaille dans un lieu de passage. Cela impose une signalisation du sol mouillé, un séchage rapide et un horaire choisi : tôt le matin ou en milieu de journée, jamais aux heures de sortie d'école ou de retour du travail.
L'absence d'ascenseur change le temps d'intervention plus qu'on ne l'imagine : le matériel monte à la main, et l'eau aussi. Nous en tenons compte au devis plutôt que d'expédier les derniers étages.
Enfin, l'éclairage. Beaucoup de cages sont sur minuterie et mal éclairées : ce qui est propre sous une ampoule de faible intensité ne l'est pas à la lumière du jour. Nous travaillons avec notre propre éclairage quand c'est nécessaire.
