Les symptômes et ce qu'ils disent
Les buées restent en cuisine, puis passent en salle. La chaleur devient difficile à tenir aux heures de pointe. Le plafond jaunit au-dessus des zones de cuisson. Les voisins se plaignent d'odeurs. Chacun de ces signes dit la même chose : le débit d'extraction réel est inférieur à ce qu'il devrait être.
Le point important est que cette perte est progressive. Elle s'installe sur des mois, l'équipe s'y habitue, et le moment où l'on s'en inquiète est toujours bien après le moment où elle a commencé. C'est pour cela qu'un constat vaut mieux qu'une impression.
Hypothèse 1 — les filtres
C'est la première à écarter parce qu'elle est gratuite. Des filtres saturés réduisent le débit de façon considérable, et ils se saturent en quelques jours en friture ou en grillade. Le texte réglementaire prévoit un nettoyage ou un remplacement au moins une fois par semaine ; dans beaucoup de cuisines, c'est plus souvent qu'il le faudrait réellement.
Retirez-les, dégraissez-les complètement, remettez-les et mesurez la différence. Si l'extraction redevient correcte, le problème était là, et il reviendra au même rythme.
Hypothèse 2 — le conduit
C'est la cause la plus fréquente d'une baisse durable. Un conduit encrassé perd de la section utile, et la perte de débit est proportionnelle. Comme le dépôt s'accumule surtout dans les coudes et hors de vue, rien ne le signale : la hotte peut être impeccable et le conduit à moitié obstrué.
La vérification demande d'ouvrir les trappes de visite. C'est la seule façon de savoir, et c'est aussi ce qui permet de chiffrer un dégraissage sur un constat plutôt que sur une estimation.
Hypothèse 3 — le moteur d'extraction
Le caisson du moteur et ses pales s'encrassent comme le reste, et des pales chargées de graisse perdent une partie de leur rendement. C'est une cause régulièrement ignorée parce que le caisson est souvent en toiture ou en gaine technique, donc jamais ouvert.
Le nettoyage du caisson fait partie d'une intervention complète. Un moteur fatigué ou sous-dimensionné, en revanche, relève du remplacement, et donc d'un installateur.
Hypothèse 4 — l'installation elle-même
Si les trois premières hypothèses sont écartées, le problème est de conception : section insuffisante, tracé qui multiplie les coudes, compensation d'air absente — une cuisine ne peut pas extraire si rien ne rentre —, ou moteur sous-dimensionné pour les appareils installés. C'est fréquent dans les locaux qui ont changé d'activité sans que le réseau soit repris.
Cela relève d'un installateur, pas de nous. Nous le signalons quand nous le constatons, avec ce que nous avons vu et où, parce que c'est l'information utile — et parce que nous ne vendons pas de travaux sur le réseau, ce qui rend le constat désintéressé.
Vos questions
Un dégraissage va-t-il régler mon problème d'extraction ?
Souvent, oui, et c'est l'hypothèse à tester en premier parce qu'elle est la moins coûteuse. Pas toujours : si l'installation est sous-dimensionnée ou si la compensation d'air manque, le dégraissage améliorera les choses sans les résoudre. Nous vous dirons ce que nous avons constaté.
Les plaintes d'odeurs des voisins viennent-elles de là ?
Dans la grande majorité des cas que nous rencontrons en immeuble d'habitation, oui. Un circuit encrassé tire moins, les buées trouvent un autre chemin, et les odeurs sortent où elles peuvent. C'est l'hypothèse à vérifier avant d'engager une discussion longue avec la copropriété.
Faites-vous les travaux sur le réseau d'extraction ?
Non. Nous dégraissons et nous ramonons hotte, filtres et conduits ; la modification du réseau, la pose de trappes et le remplacement d'un moteur relèvent d'un installateur. Nous constatons et nous orientons, sans intervenir.